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 Mi-figue mi-raisin

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MessageSujet: Mi-figue mi-raisin   Jeu 16 Juil - 22:06

Le regard perçant de Zaraki, capitaine de la Onzième Division, me faisait encore frissonner. Lorsque je m'étais présentée à son bureau, je n'avais alors aucune idée du traitement qui m'était réservé. La bagarre entre Seiji et moi était naturellement parvenue aux oreilles du redoutable gradé, et quelques instants après que le shinigami se soit effondré, hors de combat, un papillon de l'Enfer était venu me convoquer. C'est d'une démarche incertaine que j'avais en toute hâte parcouru les rues quasi-désertes du Seireitei, avant de pénétrer le bâtiment approprié. Là, c'est en essayant de me faire la plus petite possible que j'avais fendu la foule... avant de me présenter au travers du panneau de toile précédant la pièce où Zaraki se tenait. Chose rare, par ailleurs, qu'il soit présent sous le toit de la Onzième plutôt que de chercher querelle à quelqu'un ou son chemin dans le dédale du Goteï 13...

Il n'avait strictement rien dit. Le borgne s'était contenté de me dévisager fixement de son oeil unique, avec une acuité réellement dérangeante. Son examen dura bien dix grosses minutes, de quoi me donner le temps de réfléchir à mon coup de sang. Et au terme de cette dizaine, il poussa un ricanement très bref mais tout aussi explicite. J'avais tourné les talons dans le même temps qu'il m'avait tourné le dos, et ça c'était fini de cette manière.

A présent, je déambulais dans les ruelles du Seireitei, chassant le malaise du à cette rencontre presque angoissante. Je pouvais encore revoir le regard extraordinairement dur du colosse à la chevelure hérissée, à moitié dans l'ombre d'une pièce jamais éclairée et jamais aérée car si peu utilisée. Sur le coup, il m'avait fait penser à un ogre...

C'est avec un soulagement évident que je pénétrais ma propre demeure, faisant coulisser la porte en fermant les yeux, goûtant la fraîcheur qui s'en déversa. Ouvrir les fenêtres était un mouvement dont Kenpachi semblait incapable... et son fumet musqué, né d'une centaine de combats, avait littéralement brûlé mon nez. Ce n'était sans doute pas une façon de penser ainsi de son capitaine, mais la vérité était pourtant là. Je me demandais aussi comment Yachiru pouvait faire pour rester perchée en permanence sur son épaule...

Du pied, je repoussais une couverture froissée, et m'affalais sur la paillasse avec un soulagement évident. Le bras replié sur les paupières, je déglutis lentement, me remettant doucement de mon "épreuve".


- Matsuki Katô ?

La voix fit bondir mon coeur, chuintante comme une lame et d'un calme inhumain pour une personne s'étant introduite par effraction chez le Sixième siège de la Onzième Division, la plus bagarreuse qui soit.

Ma main se porta immédiatement à mon Zanpakutô, que je dégainais vivement, balayant la pièce du regard. Les coins d'ombre ne m'aidèrent pas vraiment, mais je discernais en plissant les yeux une silhouette accroupie dans un angle.


- Ennemi ou non ? crachai-je, donnant clairement le ton de la conversation. Pour la Onzième, il n'y avait pas nécessairement d'amis ; en revanche, il y avait très certainement un adversaire.
- Rengainez, s'il vous plaît.
- Vous savez que vous êtes dans ma maison, au moins ? hasardai-je d'un ton acerbe, le sabre toujours en main.
- Evidemment. Et savez-vous que je ne suis pas seul ?

Je me mis à jeter des regards en coin aux environs, recherchant des assaillants qui n'étaient très certainement pas là. Si ce type connaissait mon nom, il savait sans doute quel genre de pouvoir possédait mon Zanpakutô, qui à la manière d'un serpent, pouvait frapper à la vitesse de l'éclair via le shikaï. Je supposai qu'il tentait de me faire rester tranquille pour éviter un drame.

- Rien à foutre, renvoyai-je. Dites-moi ce que vous faîtes ici !
- Très bien, mais au moins, asseyez-vous. Nous avons à discuter.

Il était têtu, dans son genre... c'est sans doute ce qui me décida à lui obéir. S'il n'y avait pas tant tenu, c'est qu'il avait trop confiance en lui, et donc soit c'était un imbécile qui ne méritait pas mon attention et mon temps de repos, soit il avait effectivement amené des alliés... J'obtempérais en posant mon arme sur mes genoux et lui fit signe de continuer.

- Je suis de la Seconde Division.

Rien de bon à présager, les shinigamis de l'espionnage étant en grande partie des assassins nés. En avoir un dans le noir de ma piaule n'était pas très rassurant, excepté le fait qu'il m'ait parlé alors que j'allais vraisemblablement m'assoupir.

- La Chambre des 46 attend quelque chose de vous.
- Je t'arrête tout de suite, l'ami. Je sais que j'ai un égo un poil trop grand, mais de là à attirer l'attention de ceux-là, je refuse tout net.
- Très bien, alors disons que quelques-uns d'entre eux ont un projet qui vous concerne.
- Même réponse.
- Admettons.

Son flegme imperturbable, non content de m'effrayer un tantinet, me tapait sur le système.

- Nous attendons de vous que vous surveilliez quelqu'un... Il hésita. D'influent.
- Et bien sûr, pour ça on fait appel à un shinigami même pas gradée de la Onzième ? reniflai-je.
- Exactement. Je promets de tout vous expliquer par la suite, mais d'abord laissez-moi vous exposer le dilemme de la Chambre.

J'acquiesçai, tout en sachant pertinemment que sa parole ne valait strictement rien.

- Connaissez-vous la famille Kamuri ?

Nouvel hochement de tête - quelques nobles s'initiant en douce au Kidô, guère dangereux au demeurant.

- Nous avons des raisons de vouloir les espionner au sujet d'activités extrêmement illicites. Cependant, ils ne sont guère idiots et ont déjà eu affaire à la Seconde Division et à la Chambre des 46 conjointement. Ce qui veut dire, qu'eux aussi nous surveillent de très près.
- Le rapport avec moi, maintenant ?
- J'y viens, approuva-t-il. Nous devons absolument accomplir notre mission mais tout le monde est fiché chez eux et a certainement un chaperon à ses bottes. Nous ne pouvons courir aucun risque... aussi l'idée suivante est-elle venue.

Même dans le noir, je devinais sa grimace. Manifestement, la décision qui avait été prise ne lui avait pas plut.

- Envoyer un shinigami, suffisamment puissant pour mener sa tâche à bien mais pas trop pour être susceptible d'être observé. Et afin de prendre plus de précautions encore, il faut qu’il provienne de la Onzième Division.
- Ah bon ?
- N’êtes-vous pas parmi les plus aptes au corps-à-corps ? Vous ne devrez utiliser aucune magie, on vous détecterait aussitôt. Ils ont un bon niveau là-bas... En fait, la vraie raison est qu'on soupçonnerait en dernier un dieu de la mort venant de celle-ci entre toutes, révéla-t-il en faisant la moue.
- Donc, si je tombe sur un combattant très puissant, je n’ai probablement aucune chance d’en réchapper, c’est ça ?
- C’est ça, admit-il avec simplicité. Mais vous serez bien rétribuée pour ce travail.
- Avec une dague dans le dos ? rétorquai-je agressivement.
- Non. En revanche, accomplir cette tâche pourrait vous en sauver, au contraire de la décliner.

Je poussai un petit rire dégoûté. Pourquoi avait-il fallût que ça tombe sur moi ?

- Et je suis censée trouver quoi comme activité « extrêmement illicite » ?
- Ramenez simplement une preuve comme quoi ils pratiquent la sorcellerie en secret. Ca suffira, conclut-il avec un sourire en lame-de-couteau.

Et il disparut dans un bruissement discret. Je me laissais retomber sur le dos, soudainement beaucoup plus fatiguée.
Lorsque j’allais manger au réfectoire avec mes camarades de Division, je m’aperçus que je n’avais guère faim.
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MessageSujet: Re: Mi-figue mi-raisin   Sam 18 Juil - 15:57

C'est d'une mine sombre que je me dirigeais vers le quartier du Seireitei qui accueillait le domaine des Kamuri, ignorant les questions des shinigamis de ma propre division, espérant de tout coeur ne pas tomber sur Zaraki ou Yachiru - quoique l'un voulait certainement dire l'autre aussi. Je me voyais mal leur expliquer quelle tâche pouvait être plus importante que m'entraîner avec les autres, et pourquoi ils n'étaient pas au courant, bien qu'au fond je n'en savais rien. Peut-être avaient-ils eu vent de l'affaire... mais dans tous les cas, je ne pouvais sans doute pas compter sur eux pour me couvrir au cas où ça tournerait au vinaigre, pas plus que sur la Chambre ou une quelconque Division.

De plus en plus de personnes me dévisagèrent au fur et à mesure que j'approchais de ma destination. Les guerriers de la Soul Society se faisaient plus rares, en faveur d'une population composée de grands bourgeois, de petits nobles et de leurs serviteurs. Les Kamuri formaient un bel exemple de la frontière floue entre la petite et la grande aristocratie, proie dangereuse pour tous mais concurrent négligeable pour certains... ce qui voulait aussi dire que je pouvais peut-être trouver de l'aide auprès de familles ne rechignant pas à assister à la chute des Kamuri.

Je me retrouvais finalement devant leur domaine, ma foi assez imposante. Un mur qui m'avait l'air d'encercler toute la propriété se dressait devant moi, avec une unique entrée où deux gardes veillaient. Je décelais des signes qui trompaient rarement, indiquant une suspicion carrément louche s'il n'y avait rien à cacher ici.
Un haut bâtiment, semblable à un manoir, était érigé à une trentaine de mètres du portail gardé. Je me massais les tempes, quasi-certaine que toute cette histoire allait mal tourner pour moi.

Une autre structure jouxtait l'édifice, plus modeste et sans doute plus utilitaire qu'autre chose. Un laboratoire, une construction arénaire ? Je devrais sans doute chercher mes "preuves" là-bas.

Lentement, je fis le tour du terrain, cherchant un tronçon de mur plus facile d'accès que les autres ; avec des parapets de cette dimension, il y en avait toujours.
Ayant porté mon dévolu sur un morceau où les pierres étaient légèrement descellées, j'entrepris de l'escalader, ayant au préalable délacé mes chaussures. Une fois sur le rebord, je me laissais souplement tomber de l'autre côté, grimaçant lorsque ma cheville faillit partir en vrille suite à un trou du sol.

Je balayais les alentours du regard, cherchant à voir si quelqu'un m'avait repéré. Apparemment, le jardin entourant la demeure était complètement désert...

Soudain, une main se posa sur ma bouche.

Je frappais du coude derrière-moi, rencontrant des côtes qui ne cédèrent pas... en revanche, lorsque mon talon percuta ce qui devait être un tibia, la pression se relâcha. J'évitais évidemment de faire le moindre bruit, mais je ne compris pourquoi mon agresseur n'en faisait aucun non plus que lorsque je me retournais pour lui faire face... et découvrir le shinigami de la Seconde Division, qui était venu me chercher dans ma maison.


- Vous ?!... soufflai-je, les cheveux en bataille. Il m'offrit un grand sourire, ne semblant nullement souffrir de mes débattements.
- Oui. Mais nous discuterons plus tard, quelqu'un vient.

Et il avait raison. Deux soldats sortaient du manoir familial et commençaient à venir dans notre direction.

- Vous connaissez les lieux ? chuchotai-je en m'accroupissant.
- Un peu, répondit-il sur le même ton. Les Kamuri sont très discrets ces temps-ci... mais venez.

Il se dirigea vers le bâtiment en se coulant d'ombres en ombres, jouant avec le jardin comme un enfant pour se soustraire à la vue des gardes. Je le suivis plus maladroitement, supportant mal cette tension nerveuse entre mes épaules. Devoir se livrer à de pareilles acrobaties démontrait bien une faille dans le système de la Soul Society... aussi strict et justicier soit-il.

- Attendez...

Je m'immobilisais, foudroyant du regard mon compagnon involontaire. Il sourit au vu de mon hostilité, et poussa même la provocation jusqu'à mettre un doigt sur ses lèvres, m'intimant le silence. Nous étions alors dans une situation extrêmement angoissante ; la porte principale du manoir était à deux mètres de nous, nous surplombant légèrement. Quant à nous, nous nous tenions accroupis derrière un muret encadrant les escaliers menant à cette porte... le premier venu qui sortirait n'aurait qu'à jeter un regard sur le côté pour nous découvrir. Je commençais à me lever lorsque la main du shinigami se posa sur mon épaule. Avec une force et une fermeté surprenante, il m'imposa ma précédente position.

- A quoi jouez-vous ? murmura-t-il d'un ton furieux.
- Et vous ? A quoi ça rime ? Il faut aller dans l'autre édifice, c'est là-bas que nous trouverons les preuves nécessaires !
- Sans doute, mais pour ça nous devons d'abord entrer ici... silence maintenant !

A peine m'ordonnait-il de me taire que le battant s'ouvrit, pour laisser passer deux autres soldats. J'ouvris des yeux ronds.

- Encore ? bredouillai-je lorsqu'ils furent passés. Le regard du shinigami me déconcerta.
- Vous voulez dire que vous avez choisi ce moment... par hasard ?
- Le moment de ? répondis-je, complètement perdue.
- C'est exactement à cet instant que la relève de la garde se fait. Vous ne le saviez pas ?
- Non.


Il hésita un instant entre le rire et la colère, puis opta pour un air désespéré. J'ignorais son attitude pour me concentrer sur les environs. Il attendait donc que tous les hommes soient relevés pour pénétrer le bâtiment... Ainsi, les gardes frais seraient plus zélés qu’à n’importe quel moment de la journée et ne quitteraient pas leur poste, tandis que les autres iraient se reposer illico. Quant à nous, nous étions déjà dans le domaine... Il n’était pas si idiot que ça, donc... Je m’aperçus d’ailleurs que pour le coup, c’était moi qui passait presque pour une miraculée.

Au bout de quelques minutes, lorsque le manège des soldats s'était interrompu depuis un petit moment, il reprit la parole.


- Ca doit être bon maintenant. Suivez-moi aussi discrètement et rapidement que possible, ne me perdez surtout pas ! Vous ne connaissez pas ce bâtiment.
- Et vous si ? Les plans, vous n'auriez pas pu me les donner ? Hé, attendez !

Il s'était déjà introduit à l'intérieur, se mouvant comme un serpent insaisissable. Je me précipitais à sa suite, découvrant trois énormes couloirs... je m'engageais dans celui de droite, alors même qu'il disparaissait au tournant. Ce type était un vrai fantôme.

Nous traversâmes ainsi nombre de pièces et de corridors heureusement et étrangement tous vides de vie. Il n'y avait personne, comme si toute la famille et leurs serviteurs étaient occupés ailleurs. Je devinais à son expression que cette absence mettait le shinigami mal à l'aise, et qu'il n'en savait guère plus que moi.


- Ce n'est pas normal, hein ?
- Non.

Il se faisait de plus en plus soucieux alors que ma propre inquiétude s'envolait peu à peu. A nous deux, nous ne risquions sans doute pas grand-chose... la tranquillité de la demeure chassait mes craintes, lorsqu'un bruit de pas les rappela.

- Ici ! souffla mon compagnon en m'entraînant dans un énième couloir. Il tira un panneau et s'introduisit dans une pièce, m'entraînant à sa suite. Il referma le battant, et je pu constater que son inhumain flegme était en lambeaux ; s'il était loin de paniquer, il n'était pas non plus très serein. Attendons un instant.

- Quel est votre nom ? m'enquis-je au bout d'un instant. Il me regarda longuement avant de répondre.
- Kiai.

Je compris que je n'aurai que la moitié et n'insistai pas. Finalement, il alla à la porte, et je le suivis.

- Prête ? fit-il avec un petit sourire.
- On y va.

Et le battant coulissa... mais ce n'était pas Kiai qui l'avait ouvert.
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